Communiqué sur la fermeture de l’établissement Le Beau Rameau

22 janvier 2026

La Commission d’enquête indépendante sur les violences sexuelles et physiques commises à Notre-Dame-de-Bétharram (CEIB) souhaite réagir à l’annonce faite par M. Pierre-Vincent Guéret de la fermeture de l’établissement Le Beau Rameau.

Depuis plusieurs mois, la question de la fin de la tutelle de la congrégation de Bétharram sur l’établissement Le Beau Rameau et du déménagement de l’actuel collège est posée, y compris par la congrégation, qui n’a jusque-là pas obtenu de réponses définitives de ses partenaires.

C’est également une question qui a été discutée avec et par la CEIB elle-même, notamment car la fermeture de l’établissement Le Beau Rameau, dans le lieu où se situait le collège et le lycée Notre- Dame-de-Bétharram, est souhaitée par certaines victimes entendues par la Commission.

Si elle a été démentie par le Secrétariat général de l’enseignement catholique, l’annonce faite par la FNOGEC n’a aucune incidence sur le mandat de la CEIB, qu’elle soit confirmée ou non. Si la fermeture de l’établissement Le Beau Rameau est considérée par certaines victimes comme une réparation ou comme une mesure de prévention, elle n’efface en effet pas les violences commises et n’explique pas comment elles ont pu perdurer pendant plusieurs décennies. Cette fermeture ne suffit non plus ni à réparer, ni à apporter aux victimes les soins auxquels elles ont droit, pas plus qu’elle ne suffira à prévenir la commission de nouvelles violences au sein des établissements scolaires.

Dès lors, la Commission poursuit ses travaux pour accomplir son mandat, à savoir notamment satisfaire les droits des victimes à la vérité, à la justice, aux réparations et aux garanties de non-répétition et se situer au croisement des parcours individuels et de la dimension collective et systémique pour comprendre les violences et leurs causes et favoriser la non-répétition.

La Commission a également déjà indiqué, depuis plusieurs mois, son souhait de voir les bâtiments du collège Notre-Dame-de-Bétharram dédiés à la réparation et à l’accompagnement de personnes victimes de violences, notamment dans la perspective d’une prise en charge holistique, en cas de déménagement ou de fermeture de l’établissement, ce que la congrégation de Bétharram a d’ores et déjà accepté. Au-delà de la fermeture d’un établissement, notre société doit en effet s’employer à la réparation et aux soins de celles et ceux qui ont souffert. C’est une question de justice et de responsabilité, en même temps qu’une nécessité pour enrayer le cycle de la violence. Pour ce faire, des moyens doivent être dégagés et investis.

Enfin, Bétharram ne doit pas tomber « aux oubliettes de l’histoire », mais doit être compris, analysé et reconnu à la hauteur des violences et des traumatismes vécus dans ses murs, en identifiant toutes les responsabilités, pour que chaque victime se sente enfin pleinement légitime et reçoive la réparation à laquelle elle a droit, mais aussi pour que notre société se confronte effectivement aux violences faites aux enfants, au déni qui les entoure et à leurs terribles et durables conséquences individuelles et collectives. Ces violences ne se limitent pas à l’enceinte de Notre-Dame-de-Bétharram. La réponse aux violences sexuelles et physiques faites aux enfants ne peut se construire que sur la connaissance et la mémoire des violences passées.